Les aventures des mers de l’ouest

Crédits Photographiques : Germain Herriau
Blog photos du chantier ICI

 

Comme posé sur la place Gaston Pateau à Sion sur l’Océan le vieux casino paraît quelque peu fantomatique ! Il nous montre son inexistence…

Nous proposons ici de faire de la place, face à la mer, le théâtre d’un plateau de tournage de film d’anticipation bien nommé « Les aventures des mers de l’ouest » et d’en imaginer ce qu’elle devrait être comme espace public : un terrain de jeux, de rassemblement, de marche, de repos et d’action citoyenne ! Le prolongement de la ville vers l’océan.

 

Le scénario et les décors de notre film-projet s’inspirent de sagas d’exploration aquatique. Nous percevons l’importance de relier les histoires, paysages et activités de Sion dans notre fiction. Déjà, le petit musée qu’on peut voir, rue de l’océan, se montre sous la forme de dioramas à l’échelle 1 / 1, une « histoire du regard à la croisée de l’art, des sciences et des techniques »…

 

Pour cela, autour de la bâtisse vieillissante, nous avons dessiner une enceinte — palissade, un ensemble de strates de châssis-décor, de plateaux, de chemin d’arrière plans, de structures porteuses à l’envers du décor… lesquels, les habitants et visiteurs seront invités à investir comme équipement public libre : contourner, traverser et considérer les cadrages, les points de vues, des points de départ. Depuis chaque rue commerçante, promenade de la mer ou rond point… Champs-contre champs. Notre plateau de tournage devient alors : abris, table à manger ou de ping-pong, banc public, lieu de rencontre, théâtre de fêtes votives ou de contemplation, jeux, estrade, scène, sculpture, rampe, tapis de yoga. Nos installations prendront chaque fois, par simples « décrets d’usage », les formes, (donc les usages décuplés) que l’imaginaire peut créer !

 

Aussi, les usagers de notre dispositif spatial seront sans doute amenés à être acteurs et réalisateurs de leurs propres films ; on peut déjà imaginer l’engouement pour les vidéogrammes postés sur la toile, le buzz ! Le montage / tournage sera assurément le lieu d’un décor formel, un espace public sur la place mais également un événement populaire, une attraction. On voit parfois les foules guettant le sourire ou le salut des stars et de la force présence des caméras et micro.

 

5 scènes mettant en jeu les office de tourisme ; point de ralliement des randonneurs ; surplomb panoramique ; espace public :

— la ruine
— le phare
— les sirènes
— la tempête
— le monstre

 

Urbanisme

Le futur ainsi projeté-imaginé de la ville, viendra interroger et révéler une vision poétique des espaces et des flux. Le cinéma est l’intime de la ville. Il la révèle, il en utilise les codes. Il ressemble à l’urbanisme dans sa mise en oeuvre. Le metteur en scène y est architecte ; les chefs opérateurs y sont les artisans…

 

La projection

Action dont l’étymologie dit qu’elle consiste à « lancer hors de soi une force agissante », peut avoir ici une triple présence.

Elle est au travail dans la volonté de transformer les espaces que nous habitons — le projet —, dans la restitution mécanique de ces espaces par le cinéma — la mise en scène du décor selon cadres et perspectives — et dans le dispositif qui nous présente le film sur l’écran — la projection lumineuse du film —.

Notre dispositif doit avoir une prise sur la réception et la lecture de futures projets. Le cinéma cherche à transporter émotionnellement et mentalement le destinataire du projet (maître d’ouvrage, habitants, architecte) dans l’avenir du territoire projeté en faisant de son regard un « oeil spectatoriel ». Mettre en scène les rencontres, confronter différents codes culturels (cinématographiques, plastiques, architecturaux), fictionnaliser un urbanisme « in progress », exprimer aussi une certaine fascination pour le désordre comme énergie vitale. Cette approche comporte un travail de lecture visuelles et sonores du site qui, plutôt que de le représenter de manière cartographique, va à sa rencontre. La dérive urbaine, l’exploration, était pour le mouvement Situationniste un moyen de penser l’urbanisme « à partir de l’expérience de ce terrain et à partir des constructions existantes. » C’est cette attention au réel que nous visons avec notre dispositif cinématographique.

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